Romane
Romane
PRACTICIENNE, YOGI 6 AUTEURE
Mon histoire

Là où tout a commencé à se déplacer

Parfois, sans même que nous le comprenions, le corps commence à parler à la place des mots. Pendant longtemps, j'ai cherché à comprendre ce que le mien essayait de raconter. L'endométriose. Les pertes. Les silences familiaux. Les schémas qui se répétaient malgré moi. Une grossesse qui a failli m'emporter. Une dépression qui n'avait pas de nom. Toutes ces expériences ont déplacé mon regard — sur la souffrance, sur le corps, sur ce qu'on hérite parfois sans le savoir. Avant Halo Romane, j'évoluais dans un univers très différent — la supply chain, les entreprises internationales, la logique et l'organisation. Puis la vie m'a amenée ailleurs. Non pas dans un rejet du rationnel, mais dans une volonté de relier ce qui, selon moi, n'aurait jamais dû être séparé : le corps et l'histoire. L'émotion et la matière. Le vécu et le sens. Je me suis alors formée aux constellations familiales et systémiques ainsi qu'au yoga, avec l'envie d'ouvrir un espace à la fois profond, humain et accessible, loin des discours mystiques ou des promesses toutes faites. Car je ne crois pas aux méthodes miracles. Je crois davantage à ce qui peut être entendu lorsqu'un espace suffisamment juste est créé. Et puis, j'écris. Pour nommer, Pour bousculer, Pour faire écho, Pour donner une voix aux silences.

«Nous ne choisissons pas toujours ce que nous portons. Ni les héritages qui traversent nos lignées. Ni le moment où le corps décide de parler. Mais peut-être pouvons-nous choisir la manière dont nous accueillons ce qui cherche à être entendu. »
Tableau — femme contemplative et lune dorée
Une vision

Le corps ne sabote pas,
il témoigne.

Certaines douleurs ne demandent pas immédiatement une explication. D'abord, elles demandent d'être reconnues. Nous portons souvent bien plus que notre propre histoire — des silences hérités, des peurs anciennes, des loyautés familiales que nous n'avons jamais choisies, mais que le corps a fidèlement gardées. Nommer ce qui pèse. Écouter ce qui cherche à se dire. Remettre du mouvement là où tout s'est figé. C'est ainsi, lentement, que l'on commence à habiter sa vie autrement. Non pour devenir quelqu'un d'autre, mais pour se relier à soi-même avec plus de douceur et, peut-être, un peu plus de conscience et d'authenticité.

« Ce que nous excluons continue d’agir dans l’ombre. »